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definición - Le

(n.m.)

1.largeur d'une étoffe, d'une lisière à l'autre. Bande de tissu ou de papier, dans sa largeur.

le (dét.)

1.article placé devant un nom qu'il définit et dont il porte les marques de genre et de nombre (ex. le sommeil, la maison, les chats, les chattes, l'éléphant, l'énumération).

le

1.dont il (elle) est le (la) bénéficiaire (ex. je lui ai lu les résultats).

le (pro.)

1.objet du verbe et chose ou personne qui n'est ni le locuteur, ni le destinataire. (ex. tu l'as apprivoisée).

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definición (más)

definición de Le (Littré)

definición de Le (Wikipedia)

sinónimos - Le

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frases

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diccionario analógico

Le Littré (1880)

LE, LA, LES (article.)[le, la, lê ; l's se lie : lê-z amis, lêz hommes]

1. Le est l'article du nom masculin au singulier ; l'e s'élide devant une voyelle ou une h muette. Le livre, l'homme, l'épi.

Ah ! ruban tant qu'il vous plaira ; mais ce le où elle [Agnès] s'arrête n'est pas mis pour des prunes ; il vient sur ce le d'étranges pensées, ce le scandalise furieusement ; et, quoi que vous puissiez dire, vous ne sauriez défendre l'insolence de ce le (MOL. Crit. de l'Éc. des f. 3)

La est l'article du nom féminin au singulier ; l'a s'élide devant une voyelle ou une h muette. La lune, l'âme, l'heure.

Les est l'article du pluriel ; et il est commun aux deux genres. Les livres, les roses.

2. Si la préposition de ou à se trouve devant l'article masculin au singulier, et que le nom suivant commence par une consonne ou par une h aspirée, on change de le en du, et à le en au : du mois ; au mois ; du héros ; au héros.

Si le nom commence par une voyelle ou par une h non aspirée, la préposition et l'article n'éprouvent aucun changement ; mais l'article, soit masculin, soit féminin, s'élide : de l'enfant ; à l'enfant ; de l'honneur ; à l'honneur ; de l'amitié ; à l'amitié.

Au plur. Pour de les on dit des, et pour à les on dit aux : des héros ; aux héros ; des enfants ; aux enfants ; des femmes ; aux femmes.

3. On répète l'article devant des substantifs qui sont unis par la conjonction et : le père et la mère. Cependant, on dit quelquefois, sans le répéter : les père et mère.

Les père et mère ont pour objet le bien (LA FONT. Cal.)

4. On répète l'article avant plusieurs adjectifs qui modifient un substantif.

Voilà l'unique et la grande règle qu'il suivait (BOURDAL. Pensées, t. II, p. 45)

L'utile et la louable pratique, de perdre en frais de noces le tiers de la dot qu'une femme apporte ! (LA BRUY. VII)

Cette répétition est obligatoire quand les adjectifs expriment des idées tout à fait distinctes : Les bonnes et les mauvaises actions qu'il a faites.

Mais elle n'est pas obligatoire quand les idées exprimées par les adjectifs n'ont rien qui se contredise ou s'oppose : Voilà l'unique et grande règle qu'il suivait. L'utile et louable pratique. L'humble et timide innocence.

5. On peut mettre l'article devant un adjectif avec le substantif sous-entendu, quand le substantif vient d'être énoncé avec un autre adjectif.

On ne vous a pas laissé ignorer l'histoire grecque ni la romaine (BOSSUET Hist. Préf.)

L'un a les affaires de la terre et l'autre les maritimes (LA BRUY. VIII)

Elles se bornent aux choses présentes et nous font perdre de vue les éternelles (MASS. Mystères, Incarn.)

6. Les se met devant les nombres de jours, d'heures, etc. pour indiquer une certaine approximation ou latitude.

Dans ces étranges sublimités, où ils [les mystiques] passent tranquillement les dix et les vingt ans sans seulement penser à lui [Jésus-Christ] ni à aucun de ses états (BOSSUET États d'oraison, II, 5)

Le vent étant tombé vers les huit heures du soir (CHATEAUB. Itin. 1re part.)

7. L'article au pluriel peut se mettre devant les noms propres d'une façon emphatique, sans idée de pluralité, et alors en effet on ne leur donne pas la marque du pluriel. Les Bossuet, les Racine ont été la gloire du siècle de Louis XIV.

Il s'y joint aussi avec le sens de pluralité ; alors on leur donne la marque du pluriel. Les Virgiles sont rares, c'est-à-dire les poëtes tels que Virgile.

Il se met devant un nom de famille, pour indiquer la famille entière. Les Stuarts. Les Bourbons. Les Corneilles étaient frères.

Je connais les Brassacas ; c'est une des meilleures familles de la Garonne (DANCOURT Prix de l'arquebuse, sc. 18)

(voy. NOM PROPRE).

8. L'article se met encore devant un nom propre pour l'indiquer comme un type, un représentant d'une classe.

Personne ne respecte plus que moi saint François Xavier ; c'était un Espagnol animé d'un zèle intrépide ; c'était le Fernand Cortez de la religion (VOLT. Mél. hist. Mensong. impr. 32)

9. L'article se met devant plusieurs noms italiens. Le Titien, le Corrége, le Tasse, l'Arioste.

Cela soit dit pourtant sans offenser le Tasse, que je ne puis oublier sans être une ingrate (SÉV. 353)

On dit aussi le Poussin, bien qu'il soit français ; mais son long séjour en Italie a fait que l'article s'est joint à son nom.

Les Italiens sont le seul peuple de la terre chez qui on accorde l'article le aux auteurs : le Pulci, le Bojardo, l'Arioste, le Tasse ; mais on n'a jamais dit, chez les Latins, le Virgile ; ni chez les Grecs, l'Homère ; ni chez les Asiatiques, l'Ésope ; ni chez les Indiens, le Brama ; ni chez les Persans, le Zoroastre ; ni chez les Chinois, le Confutzé (VOLT. Lett. abbé Foucher, 30 avril 1769)

Ne dites pas le Dante ; les Italiens ne mettent l'article qu'avec le nom de famille : le Tasse, l'Arioste, et non avec le nom de baptême ; or Dante, abrégé de Durante, est un nom de baptême ; quand les Italiens mettent l'article au nom de ce poëte, c'est qu'ils le nomment de son nom de famille : l'Alighieri.

10. L'article se joint quelquefois aux noms propres quand on parle soit familièrement, soit légèrement, de personnes qui ont une notoriété.

La l'Esvile lui dit qu'au lieu de lui faire des excuses.... (SCARR. Rom. com. I, 23)

Quittons la Bretagne, et parlons de Grignan, parlons de ces frères qui reviennent toujours au gîte ; ce qui m'étonnait, c'est que le Carcassonne en fût sorti (SÉV. 2 août 1689)

À mon gré, le Corneille est joli quelquefois (BOILEAU Sat. III)

On se permet quelquefois de mettre l'article à des noms propres, et surtout en parlant de certaines femmes extrêmement connues, soit en bien soit en mal ; ainsi l'on dira la Champmeslé, fameuse actrice ; la Brinvilliers, célèbre empoisonneuse (D'OLIVET Ess gramm. ch. II, § 2)

Il [Molière] partit de Lyon pour les états du Languedoc avec une troupe assez complète, composée principalement de deux frères nommés Gros-Réné, de Duparc, d'un pâtissier de la rue Saint-Honoré, de la Dupare, de la Béjart et de la Brie (VOLT. Vie de Molière.)

J'entre, je lis, d'une voix fausse et grêle, Le triste drame écrit pour la Denèle ; Dieu paternel ! quels dédains, quel accueil ! De quelle oeillade altière, impérieuse, La Dumesnil rabattit mon orgueil ! La Dangeville est plaisante et moqueuse (VOLT. le Pauvre diable.)

La boutique de la Duchapt, célèbre marchande de modes (J. J. ROUSS. Conf. VII)

11. Quand on cite en latin un titre d'ouvrage qui est féminin en cette langue, plusieurs y joignent néanmoins l'article masculin le.

Ils [Scévole et Louis de Sainte-Marthe] composèrent ensemble le Gallia christiana (VOLT. Louis XIV, Écriv. Sainte-Marthe.)

D'autres suivent le genre du latin : la Gallia christiana.

Les naturalistes sont convenus de mettre toujours le devant les noms latins de plantes et d'animaux, lors même que ces noms sont féminins en latin : le nymphaea alba, L.

12. À la, à la façon de. À l'anglaise.

Pour parler à la Montesquieu (J. J. ROUSS. Conf. VIII)

13. L'article se dit quelquefois au vocatif, familièrement, et quand on s'adresse à quelqu'un dont on ne sait pas le nom. Hé ! l'homme, venez ici.

14. Le, la, les, sert à former le superlatif. Le plus sage des hommes. Le meilleur des hommes. La pire des conditions. La plus douce consolation d'un homme de bien affligé est la pensée de son innocence. Quoique cette femme montre plus de fermeté que les autres, elle n'est pas la moins affligée. Les animaux les plus féroces.

Il ne faut pas se flatter, les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales ; mais que nous nous pardonnons aisément nos fautes quand la fortune nous les pardonne ! et que nous nous croyons bientôt les plus éclairés et les plus habiles quand nous sommes les plus élevés et les plus heureux ! (BOSSUET Reine d'Angl.)

La honte suit toujours le parti des rebelles ; Leurs grandes actions sont les plus criminelles (RAC. Théb. I, 5)

Dans ce superlatif le devient invariable, formant avec plus ou moins une sorte d'adverbe, quand le superlatif indique excès, non comparaison. Cette scène est une de celles qui furent le plus applaudies. La lune n'est pas aussi éloignée de la terre que le soleil, lors même qu'elle en est le plus éloignée.

Ceux que j'ai toujours vus le plus frappés de la lecture des écrits de ces grands personnages [les auteurs grecs et latins], ce sont des esprits du premier ordre (BOILEAU Lett. à Perrault)

Ceux mêmes qui s'y étaient le plus divertis ont eu peur de n'avoir pas ri dans les règles (RAC. Plaid. Préf.)

Mais qu'on me nomme enfin dans l'histoire sacrée Le roi dont la mémoire est le plus révérée ; C'est ce bon Salomon.... (VOLT. Ép. XLVI)

C'est dans le temps que les grands hommes sont le plus communs, dit Tacite.

que l'on rend aussi le plus de justice à leur gloire (THOMAS Essai sur les éloges.)

Dira-t-on : les opinions les plus ou le plus généralement suivies ? La réponse dépend de l'intention de celui qui parle, ou de ce qu'il veut faire entendre. Des opinions peuvent être plus ou moins généralement suivies ; si c'est là ce que vous entendez, le, relatif à l'adverbe, sera invariable comme lui, et le plus signifiera le plus qu'il est possible. Si vous avez en vue d'autres opinions plus suivies que celles-là, et que vous vouliez indiquer cette comparaison, c'est au nom que doit se rapporter l'article, et vous direz : les plus suivies. Par suite de ce qui vient d'être établi, ce sera une faute de dire : les opérations le mieux combinées de la campagne, par cela même qu'il y a ici comparaison ; il faudra dire : les mieux combinées (LAVEAUX). Ainsi on dira : Les arbres les plus hauts sont les plus exposés à la tempête, parce que le rapport du superlatif est déterminé ; mais on dira : On a abattu les arbres le plus exposés à la tempête, parce que le rapport n'est pas déterminé. C'est par la même raison qu'on dira : Les parures les plus à la mode sont celles dont je viens de vous parler, et Les parures le plus à la mode ne conviennent pas aux femmes âgées. On dira : Les Égyptiens et les Chaldéens sont les nations les plus anciennement policées ; mais on dira : Les monuments des nations le plus anciennement policées.

Si le superlatif relatif précède son substantif, un seul article suffit pour l'un et pour l'autre : Le plus célèbre orateur qu'aient eu les Romains est Cicéron. Mais si c'est le substantif qui précède le superlatif, il faut mettre un article à l'un et à l'autre : le triomphe le plus beau. Par licence poétique, Molière et Racine n'ont pas observé cette règle :

Mais je veux employer mes efforts plus puissants (MOL. l'Ét. V, 12)

Chargeant de mon débris les reliques plus chères (RAC. Baj. III, 2)

Quand il y a deux superlatifs de suite, on répète l'article : les plus méchants et les plus décriés personnages. Cependant on peut quelquefois supprimer le second article.

Dis si les plus cruels et plus durs sentiments Ont rien d'impénétrable à des traits si charmants (MOL. l'Ét. I, 2)

15. Au singulier, l'article s'emploie pour parler en général. L'homme est le roi des animaux. La bête n'est point, comme le prétendait Descartes, un automate. La plante meurt sur le lieu où elle a vécu.

16. Au sens général, l'article se supprime quelquefois. Contentement passe richesse. Cette suppression se fait surtout dans des locutions proverbiales ; on ne peut guère s'en servir ailleurs que par assimilation à ce genre de locutions. Au contraire, dans l'ancienne langue, elle était de règle.

17. L'on, voy.

ON

17. .

18. L'un ou un, voy.

UN

18. .

HISTORIQUE

IXe s.Viam de l'estege. - Quinque jugera ad la rochere. - Infra rivulum del brol (Charte de 880, dans DOM CALMET, Hist. eccl. de Lorraine, t. I, p. 316, éd. de 1728)

Xe s.Voldrent la veintre li deo inimi (Eulalie)Elle n'out eskoltet les mals conselliers (ib.)Si escit [sortit] foers [hors] de la civitate. (Fragm. de Valenc. p. 468)Si astreient [seraient] li Judei perdut, si cum il ore sunt (ib. p. 468)

XIe s.Salvez serez de Deu le glorius (Ch. de Rol. IX)Li reis Marsiles est moult mis enemis (ib. X)Les diz mulez fait Charles establer (ib. X)Ce dist li reis : al [au congé de] Jhesu et al mien (ib. XXV)Des douze pairs li diz en sont ocis (ib. C)

XIIe s.Entr'eux sont bien li mille chevalier (Roncis. p. 37)Si combatrai as [avec les] doze compeignons (ib. p. 40)Par la Deu grace qui en la crois fu mis (ib. p. 71)Et tant des autres (ib. 32)Il ert as [aux] porz [passages] o [avec] sa grant ost bannie (ib. 33)[Ce cheval] Plus pooit courre par puis et par larris Que li [celui de] Rolant (ib. 136)Li mien baron [ô mes barons], Mahons vous soit garant (ib. 137)Pour la Charlon [l'épée de Charles], dont il oït parler (ib. p. 125)Quant li estez et la douce saisons... (Couci, XIII)

XIIIe s.Ensi sejornerent le jor et l'endemain en cel palais, et el tiers jour leur donna Diex bon vent (VILLEH. LXIV)Il parla as barons de France, au palais de lo Scutarie (VILLEH. LXV)Et y a moult grant plente de gent del païs (VILLEH. LXII)Einsi fu li assaus devisés, que les trois batailles des sept devoient l'ost garder par defors, et les autres quatre devoient aler à l'assaut (VILLEH. LXXVI)Tant come on pooit voir aus iels [yeux], ne paroient [paraissaient] fors voiles de nes et de vaissiaus (VILLEH. LX)Espousa rois Pepins Berte la belle et gente (Berte, X)Li une lui aporte à manger d'un poucin (ib. LX)

XVe s.Et l'amenerent par grand solennité en une cité qu'on appelle Saint Jean en Escosse, où l'on prend le bon saumon et grand foison (FROISS. I, I, 189)

XVIe s.La plus parfaite des trois especes de gouvernement de la chose publique et la plus selon Dieu et nature, est celle de la royauté (AMYOT Épître.)Ils auront en leur langue maternelle ce qu'il y a de plus beau et de meilleur en la latine et en la grecque (AMYOT ib.)À celuy qui aura l'espée la mieux tranchante (AMYOT Pyrrhus, 18)Les armez à la legere firent une course sur eulx (AMYOT Anton. 53)Aristobulus escrit qu'il y en eut de morts trente et quatre en tout, dont les douze estoient gens de pied (AMYOT Alex. 29)S'ils estoient mis en dix parts, on trouveroit que les huit sont incommodez (LANOUE 157)À l'exemple d'eux, les mediocrement riches, voire les pauvres, ont aussi voulu.... (LANOUE 165)Il y en a (dira-t-on) qui s'eslevent par là : ce qui est vray, mais ce n'est pas de cinquante l'un (LANOUE 181)Mespriser les actions lasches et exalter les genereuses (LANOUE 209)Les provincial et recteur des jesuites de Douai (D'AUB. Hist. III, 446)Souvent la raison et entendement nous defaut (CALV. Inst. 228)Et qui dit que le soupçon est amour, je lui nie (MARGUER. Nouv. XLVII)Seneque, un Burre, un Trazée, ceste terne de gens de bien, desquels mesmes les deux leur mauvaise fortune les approcha d'un tyran (LA BOËTIE 69)En mon temps, trois les plus execrables personnes que je cognusse (MONT. I, 68)Il [l'article] sert aussi au vocatif, comme : l'hoste, venez çà ; escoutez, la belle fille (RAMUS dans LIVET, la Gramm. franç. p. 239)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. lo, le, los, les, la, las, et aussi li au pluriel masculin ; espagn. lo, los, las ; port. o, os, a, as ; ital. lo, la, i, gli (anciennement li), le ; du lat. ille, illa, illi, illae, illos, illas. Il est singulier que ille ait laissé tomber la syllabe accentuée pour ne garder que celle qui ne l'était pas ; peut-être cela s'explique-t-il parce que, passant au rôle d'article, il est toujours proclitique et non accentué dans la phrase.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. LE, LA, LES, art. Ajoutez : - REM.

1.L'article est-il bien employé dans cette phrase-ci : Cela ne casse ni bras, ni tête ; conservez la vôtre, monsieur le duc (VOLT. Corresp. génér. 13 mars 1741) La difficulté est que la se rapporte à tête pris d'une façon indéterminée. Mais cette règle n'a une vraie autorité que quand la violer nuit à la clarté. Ici le sens ne souffre pas ; et M. B. Jullien, Grammaire, p. 249, approuve la phrase de Voltaire.

2. Au XVIIe siècle, on pouvait supprimer l'article dans les expressions superlatives.Qui le jette au danger, lorsque moins il y pense (RÉGNIER Élég. V)

LE, LA, LES (pronom.)[le, la, lê ; l's se lie : je lê-z aime, je lê-z honore]

1. Le premier (le) est pour le genre masculin, le second (la) pour le féminin, le troisième (les) pour les deux genres au pluriel ; ils accompagnent toujours un verbe, et se distinguent en cela de l'article, qui accompagne constamment un nom. Connaissez-vous cet homme ? je le connais. Voyez-vous cette dame ? je la vois.

On dit que l'abbé Roquette Prêche les sermons d'autrui : Moi qui sais qu'il les achète, Je soutiens qu'ils sont à lui (BOILEAU Épigr. XLI)

2. Le, la, devant un verbe qui commence par une voyelle ou une h muette, s'élident. Je le vis, je l'aimai. Je la reconnus, je l'appelai. Je l'honore beaucoup.

Si les particules en et y suivent le ou la, on y met toujours l'apostrophe, comme : Il est en peine, ou elle est en peine, ne l'y laissez pas, tirez l'en au plus tôt.

3. Ce pronom précède toujours le verbe dont il est le régime : je le vois, je l'ai vu ; excepté à l'impératif, ou il se place après : prends-le, lisez-le, aimez-les.

Mais, si l'impératif est accompagné d'une négation, le pronom se place devant le verbe : ne le donnez pas.

Quand le pronom le, la, les, se trouve régime d'un même verbe avec les pronoms me, te, nous, vous, il se met après ces pronoms : je me le promets ; je te l'assure ; il nous la rendra. Avec lui il se met avant : je le lui promets. Avec y et en il se met avant : je l'y laisserai ; je l'en chasserai.

4. Le, la, les, se répètent avant chacun des verbes dont ils sont les régimes.

Un fils ne s'arme point contre un coupable père : Il détourne les yeux, le plaint et le révère (VOLT. Brut. I, 2)

Il y a pourtant quelques exemples où il n'est pas répété.

Songez-vous que je tiens les portes du palais ? Que je puis vous l'ouvrir ou fermer pour jamais ? (RAC. Baj. II, 1)

5. Lorsqu'il tient la place d'un nom, soit commun, soit propre, il se présente sous les mêmes formes que ce nom ; c'est-à-dire qu'on met le si le nom est masculin, la s'il est féminin, et les s'il est au pluriel. Est-ce là votre voiture ? oui ce l'est, c'est-à-dire c'est elle. Est-ce votre livre ? oui ce l'est, c'est-à-dire c'est lui. Est-ce là votre maison ? ce la fut, c'est-à-dire elle m'appartenait jadis. Est-il sept heures ? il les est.

Infidèles témoins d'un feu mal allumé, Soyez-les de ma honte (CORN. la Galerie du palais, III, 10)

Je plains cette abusée, et c'est moi qui la suis Peut-être, et qui me livre à d'éternels ennuis (CORN. Othon, III, 1)

Miracle, criait-on ; venez voir dans les nues Passer la reine des tortues ; La reine ! vraiment oui : je la suis en effet (LA FONT. Fabl. X, 3)

Si c'est effacer les sujets de haine que vous avez contre moi, que de vous recevoir pour ma fille, je veux bien que vous la soyez (LA FONT. Psyché, II, p. 212)

Il lui faut pour son honneur Contrefaire la furie ; Celle-ci la fut vraiment (LA FONT. Cand. (l'édit. de Walkenaer a le).)

Comme si elle eût dit : ce m'est beaucoup d'honneur, à la vérité, d'être mère du Messie ; mais si je la suis.... (BOSSUET 2e serm. Comp. de la sainte Vierge, 1)

Pluton : Hé bien ! nous donnerez-vous l'explication des paroles qui sont sur vos tablettes ? - Brutus : Volontiers ; regardez bien ; ne les sont-ce pas là ? - Pluton : Ce les sont là elles-mêmes (BOILEAU Héros de roman.)

[Mme de Noailles] Ce fut la première et l'unique dame d'atours duchesse, et la demeura jusqu'à la mort de la reine-mère (SAINT-SIMON 46, 30)

Mme d'Épernon répondait qu'elle n'était plus rien que carmélite, et qu'en se la faisant elle avait renoncé à tout (SAINT-SIMON 97, 28)

Crispin : J'ai une lettre qui vous expliquera toute chose. - Le chevalier : Voyons donc, donne-la-moi ; l'est-ce là ? (DANCOURT Chev. à la mode, II, 9)

Quand on vous demande : êtes-vous les personnes que je vis hier à la comédie du Barbier de Séville, dans la première loge ? vous devez répondre : Nous les sommes, parce que vous devez indiquer ces personnes dont on vous parle (VOLT. Lett. Mme du Deffant, 30 mars 1775)

Bartholo : De sa femme ? - Rosine : Je ne la suis pas encore (BEAUMARCH. Barbier de Sév. II, 15)

Le comte : Rosine ! - La comtesse : Je ne la suis plus cette Rosine que vous avez tant poursuivie (BEAUMARCH. Mar. de Fig. II, 19)

6. Le pronom le étant placé après un verbe à l'impératif, l'e muet se prononce, quand il suit un verbe dont la finale est muette ou fait entendre un son autre que celui de l'é fermé ; le a alors le son des monosyllabes me, te, se, etc. Imite-le, rends-le, faites-le se prononcent i-mi-te-leu, ren-leu, fai-te-leu. Mais, lorsque la finale du verbe fait entendre le son d'un é fermé, alors on distingue : si c'est dans le parler ordinaire, on prononce le comme précédemment : promettez-le (promè-té-leu) ; si c'est dans la récitation des vers, l'e muet s'élide quand une voyelle suit, ou il se prononce comme dans fidèle : gardez-le auprès de vous (gardè-l' auprès de vous) ; servez-le (sèr-vé-l') ; aussi il s'élide en vers :

Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut (MOL. Mis. I, 2)

Condamnez-le à l'amende, ou, s'il le casse, au fouet (RAC. Plaid. II, 13)

Allez, Lafleur, trouvez-le et lui portez Trois cents louis, que je crois bien comptés (VOLT. la Prude, II, 1)

6. Autrefois, cet e s'élidait en toute circonstance, comme on le voit par ce vers :

Prends pitié de ce peuple, et reçois-le en ta grâce (CHAPELAIN Pucelle, dans RICHELET)

Voyons-le avec Ésope en un sujet semblable (LA FONT. Fabl. VI, 1)

6. Cela n'est plus guère reçu.

Dans le même cas, la ne souffre pas d'élision. Ramenez-la à son devoir.

7. Dans un emploi particulier, le, toujours du masculin et du singulier, signifie cela, ceci, et ne se rapporte pas à un nom substantif, mais est un substantif lui-même.

Il peut tenir la place d'une proposition ou d'un verbe.

Va, je ne te hais point. - Tu le dois. - Je ne puis (CORN. Cid, III, 4)

J'aime donc sa victoire, et je le puis sans crime (CORN. ib. IV, 5)

Asseyons-nous ici. - Qui ? moi, monsieur ? - Oui, je le veux ainsi (VOLT. Nanine, I, 7)

Il peut tenir la place d'un adjectif.

Vous ne serez pas surprise de ce que l'on le fut [surpris] de la prison de M. de Beaufort (RETZ II, 69)

La bonne princesse était ravie : je le suis de la lettre que vous avez écrite au bon abbé (SÉV. à Mme de Grignan, 20 oct. 1675)

Il ne suffit pas qu'elle [la lumière divine] t'ait fait juste une fois ; il faut que continuellement elle te le fasse (BOSSUET Méd. sur l'Év. 2e part. 5e jour.)

Je [moi le Seigneur] n'ai pas besoin de vos louanges ; les louanges que vous me donnez vous rendent heureux, mais ne me le rendent pas, et je n en ai pas besoin (BOSSUET Élévat. sur myst. III, 1)

Je crois notre cousine fort sage ; mais je vous le crois très peu (MAINTEN. Lett. à d'Aubigné, 28 fév. 1678)

On pourrait être plus content de sa femme que je ne le suis (MAINTEN. Lett. au card. de Noailles, 11 sept. 1698)

Le marais, cru impraticable, se le trouva si peu que nos convois suivirent toujours leur premier chemin (SAINT-SIMON 47, 48)

Lusignan : M'ôter, par un seul mot, ma honte et mes ennuis, Dire, je suis chrétienne. - Zaïre : Oui, ....seigneur.... je le suis (VOLT. Zaïre, II, 3)

Êtes-vous chrétienne ? je le suis ; êtes-vous la juive qui fut menée hier à l'inquisition ? je la suis ; la raison en est évidente : êtes-vous chrétienne ? je suis cela ; êtes-vous la juive d'hier, etc. ? je suis elle (VOLT. Lett. Mme du Deffant, 30 mars 1775)

Mais je naquis sujette, et je le suis encore (VOLT. Sémiram. III, 6)

Avec un substantif pris adjectivement, le suit la même règle. Si on demande à une femme : êtes-vous mère ? elle répondra : Oui je le suis ; parce que mère est ici pris adjectivement. - Mais si l'on dit : êtes-vous la malade dont on m'a parlé ? ou êtes-vous la mère de cet enfant ? Malade et mère étant ici des noms déterminés, la femme répondra : Oui, je la suis.

J'ai fait quelques ingrats et ne l'ai point été (VOLT. Disc. 7)

Molière n'a pas tenu compte de cette règle :

Je veux être mère parce que je la suis, et ce serait en vain que je ne la voudrais pas être (MOL. Am. magn. I, 2)

Il est vrai que la nuance entre mère pris substantivement et mère pris adjectivement est légère, et que la pensée peut facilement se mettre au-dessus.

C'est adjectivement que sont pris bonnes choses, grands hommes, dans les exemples suivants :

La même justesse d'esprit qui nous fait écrire de bonnes choses, nous fait appréhender qu'elles ne le soient pas assez pour mériter d'être lues (LA BRUY. I)

On a reproché à Cicéron la même faiblesse pendant son exil : ce qui marque que tous les grands hommes ne le sont pas toujours ni en tout (ROLLIN Hist. anc. Oeuv. t. VI, p. 566, dans POUGENS)

La règle qui prescrit de représenter en tout cas un adjectif par le invariable est récente ; autrefois avec les adjectifs on employait l'article comme on l'emploie aujourd'hui avec les substantifs.

Vous êtes satisfaite et je ne la suis pas (CORN. Pomp. V, 2)

Vous en êtes instruite, et je ne la suis pas (CORN. D. Sanche, I, 3)

....Je veux sur toutes choses que vous soyez contente, et, quand vous la serez, je la serai (SÉV. 13 sept. 1677)

Je ne veux pas qu'elle soit malade, encore moins qu'elle se la fasse (BOSSUET Lett. à Mme du Mans, 17 janv. 1792)

Valmire : Mais vous seriez toujours demeurée insensible. - Ildegonde : Je l'avoue, et sans doute encor moins aujourd'hui, S'il n'avait rien aimé, je la serais pour lui (TH. CORN. Théod, II, 1)

On ne peut être plus contente que je ne la suis (MAINTENON Lett. sur l'éduc. aux dem. de la classe bleue, 1700)

La comtesse : Monsieur, je ne veux point être liée. - Chicaneau : à l'autre ! - La comtesse : Je ne la serai point (RAC. Plaid. I, 7)

Vous serez aussi surpris de cette lettre que je la fus de l'air dont vous vîtes mon départ (HAMILT. Gramm. 9)

J'étais indifférente et je ne la suis plus, Et je sais que sans vous je la serais encore (PIRON Métrom. IV, 9 (l'éd. de 1776 a le).)

8. Dans plusieurs locutions le joue le rôle d'un nom vague. Je vous le donne en cent. Le prendre haut (voy.

DONNER

8. et

PRENDRE

8. ).

La a quelquefois un emploi semblable. Il me la payera (voy.

PAYER

).

REMARQUE

1.On trouve dans Pascal : L'imagination serait règle infaillible de vérité, si elle l'était infaillible du mensonge (PASC. Pensées, t. I, p. 254, éd. LAHURE. C'est une hardiesse.)

2. Le pronom le, la, les, ne peut pas se rapporter à un nom pris indéfiniment, c'est-à-dire sans article. C'est contre cette règle que pèchent les exemples suivants.Mais, seigneur, étant seul, je parle avec franchise ; Bannissant les témoins, vous me l'avez permise (CORN. Sert. III, 1)Soit que les ennemis ne soient pas en état de faire peur, ou que les amis ne soient pas sujets à la prendre (SÉV. 353)Faire profession de mondanité où vous l'aviez faite de christianisme (MASS. Carême, Temples.)Si Mme Dacier m'avait donné plus souvent occasion à de pareils aveux, je l'aurais toujours saisie de bon coeur (LA MOTTE Réflex. sur la critique, 160) Cette règle pourtant n'est pas tellement absolue qu'il soit toujours impardonnable de la violer.

3. Ne remplacez pas par le un verbe mis à l'actif, si le le fait sous-entendre avec un sens passif. Il corrigerait ces abus, il eût corrigé ces abus, s'ils pouvaient l'être ; dites : s'ils pouvaient être corrigés. Je le traiterai comme il mérite de l'être ; dites : comme il mérite d'être traité. Cette règle est absolue ; Voltaire y a manqué dans cette phrase : On ne peut bien déclamer que ce qui mérite de l'être, Louis XIV, Artistes, Lulli.

4. Le, la, explétif ou remplaçant que, lequel.Ce qu'il faut entendre un peu plus généralement que les termes ne semblent porter, et l'étendre à la réconciliation de toute sorte de mauvaise intelligence (CORN. 1er disc.)Il en faut dire autant de Francus, que le Manethon du même Annius nous suppose pour fils d'Hector de Troie, et l'amène en Gaule pour y être gendre et successeur du roi Rémus (MÉZERAI Hist. de Fr. avant Clovis, I, 1)Ce qui répugne à notre raison s'accorde nécessairement à une raison plus haute que nous devons adorer et non tenter vainement de la comprendre (BOSSUET Serm. pour le vendr. de la 3e sem. de car. 1)La persécution que les fidèles doivent attendre en silence et non la provoquer par aucun discours (BOSSUET Fragm. sur div. mat. de controv. 5e fragm.)C'est ce qu'on ne saurait assez vous rappeler ni vous le mettre trop dans le coeur (BOSSUET Lett. à Mme d'Alb. de Luynes, 5 nov. 1694)Défaut naturel au sexe qu'on doit combattre de bonne heure, et non l'entretenir et l'augmenter en s'y livrant (ROLLIN Traité des Étud. liv. I, ch. II, art. 2, § 4)C'est un homme qu'il faudrait enlever de chez lui et le prendre par force pour lui faire faire ce qu'il veut (J. J. ROUSS. Lett. à Mme d'Espinay, à l'Ermitage, 1756) Cette tournure est contraire à la construction grammaticale : on le voit sans peine ; et dans les exemples ci-dessus rapportés on la rétablira en supprimant le pronom le, la. M. Frédéric Godefroy est le premier qui l'ait signalée (Lexique de Corneille, t. II, p. 10). Elle remonte plus haut que le XVIIe siècle, et on en verra des exemples dans l'historique. Toute pléonastique qu'elle est, elle n'est pas sans commodité et a été suggérée par un besoin de clarté dans une phrase qui s'allonge.

5. Saint-Simon a dit :Mme de Barbésieux était prisonnière chez son mari et malade ; le mari prétendait qu'elle la faisait (SAINT-SIMON 63, 54) Cette phrase est incorrecte : le mot malade y est pris dans deux sens très différents.

HISTORIQUE

IXe s.Et Karlus meos sendra [mon seigneur], de suo part, non lo [le serment] stanit, si io [je] returnar [détourner] non l'int pois [puis] (Serment)

Xe s.Voldrent [voulurent] la veintre li Deo inimi (Eulalie)Chi sil [si le] fient [font] cum faire lo deent [doivent] e cum cil lo fisient [faisaient], dunt ore aveist odit [avez ouï] (Fragm. de Valenc. p. 469)

XIe s.Vus le suivrez à feste Saint Michel (Ch. de Rol. c)

XIIe s.[Il] Secourra le, moult en est desirant (Ronc. 138)Mais prent batisme [baptême], jel [je le] te di sans contraire (ib. 145)Et li François les suigent [suivent] sans doutance. (ib. 147)Ou veuil ou non, servir la me convient (Couci, XXI)Et tel i a, qui cuide avoir amie Bone et leal, qui onques ne la fu (QUESNES Romanc. p. 86)[Blan chefleurs] Maintes fois l'a, le jour, accolée et baisie [sa fille] (Berte, CXXVIII)Car cil qui bien ne fait, à la fin le compere [le paye] (ib. IV)Quant Berte l'entendi, prist la à embrasser (ib. XI)Se j'estoie roÿne.... pleüst Dieu que [je] le fusse (ib. CVI)Et qui veut povre fame prendre, à norrir la l'estuet entendre, Et à vestir et à chaucier (la Rose, 8618)Bien le m'avoit raison noté (ib. 4157)Se la me vouliez defenir (ib. 4683)

XVe s.Benoist est l'homme, sire, que vous avez apprins et endoctriné, et l'avez enseigné en vostre loy, affin que vous luy soyez doulx et debonnaire es maulvais jours (L'internelle consolation, II, 3)

XVIe s.J'aime trop mieulx le vous descrire en metre, Que pour le veoir aucun de vous soit mis En telle peine (MAROT I, 245)En fin d'escrit, bien dire le te vueil, Pour adoucir l'aigreur de mon grant dueil (MAROT II, 35)Ô roi François, tant qu'il te plaira, pers le ; Mais si le pers, tu perdras une perle (MAROT II, 118)Par la mort bieu, voilà Clement, Prenez-le, il a mangé le lard (MAROT II, 128)Mais pour boire de belle eau claire, Faites la boire à vostre chien, Frere Lubin ne le peut faire (MAROT II, 236)La voici l'heureuse journée Que Dieu a faicte à plein desir (MAROT IV, 330)Le plus temeraire estoit un nommé Clodius, qui vous le prit incontinent et le bailla en proie au peuple (AMYOT Pompée, 64)Puis que vous l'avez accordé, ille vous faut supporter patiemment (AMYOT Phoc. 22)Les sciences mathematiques ne sont pas si proprement les anses de la philosophie, comme le sont les passions desjeunes gens (AMYOT De la vertu morale, 29)Je lui ai fait response qu'il chasse si bien ceulx qui sont au païs là où il est, qu'il les vous envoye au païs d'Anjou et du Mayne (MARG. Lett. 7)Je vouldrois bien que Dieu me feist ceste grace d'avoir le pouvoir tel en vostre delivrance comme vous plaist le m'escripre (MARG. ib. 27)Elle eut lettres du roy, par lesquelles lui estoit commandé la me amener. - Et me la vouloit amener à Lyon. - Mais je lui escripvis qu'elle la me gardast jusques à ce que je feusse au pays (MARG. ib. 111)Il le te semble, povre homme (DESPER. Cymbal. p. 76)Je le vous dis (ib. p. 84)Je la te presterai (ib. p. 140)La terre enseigne de vivre justement à ceux qui le sçavent comprendre (LA BOËTIE 145)Ou il faut qu'ils soyent sauvages, ou que nous le soyons (MONT. I, 244)Je vous conjure icy par amour nostre Dieu De prendre cependant mon coeur : tenez, maistresse, Voy le là, baisez-moy, gardez le, et puis adieu (RONS. 156)Vous seule estiez mon bien, ma toute et ma premiere, Et le serez tousjours (RONS. 203)Presque toutes les choses que nous estimons icy tant, et les tenons nousavoir esté premierement revelées et envoyées du ciel, estoient en creance (CHARRON Sagesse, II, 2)

ÉTYMOLOGIE

Le même que l'article le, la, les ; prov. lo, los, la, las.

HISTORIQUE

Ajoutez :

VIIe s.Ipsa cuppa frangant la totam, pour ipsam cuppam frangant illam totam (Loi salique, dans JUBAINVILLE, de la Déclinaison latine en Gaule à l'époque mérovingienne, p. 16)La tercia pour illam tertiam (ib.)

(s. m.)[lé]

Largeur d'une étoffe entre ses deux lisières. Un lé de velours, de satin, etc. Draps de lit de deux lés, de trois lés. Prendre un lé de plus. Ce lé est de 75 centimètres.

Demi-lé, la moitié de la largeur d'un lé. Cette jupe a quatre lés et demi.

Fig. Tout du long et du lé, locution vieillie qui signifie absolument, entièrement.

M. de Bussy perdit hier son procès tout du long et tout du lé (SÉV. 13 juin 1684)

HISTORIQUE

XIe s.Granz [ils] ont les nés et lées les oreilles (Ch. de Rol. CXLI)[Il] Pent à son col un sien grant escut let (ib. CCXXVI)

XIIe s.Et de long et de lé (Roncis. p. 19)En haute tour se siet bele lsabel ; De lermes mouille le lai de son mantel (Romanc. p. 70)

XIIIe s.[Elle] Vit la cit de Paris, qui est et longue et lée (Berte, LXXXII)Chascuns toisserans de lange de Paris puet avoir en son hostel deux mestiers lés et un estroit (Liv. des mét. 114)

XVe s.Il conta à son maistre, tout du long et du lé, la verité de son aventure (LOUIS XI Nouv. XLII)Et je vous demande Combien vous en fault-il avoir [de ce drap] ? Il est bien aysé à sçavoir ; Quel lé a-il ? Lé de Brucelle (Patelin)

ÉTYMOLOGIE

Provenç. lat ; espagn. et ital. lato ; du lat, latus, large, stlatus dans le vieux latin, ce qui écarte le rapprochement avec le terme grec signifiant large. En substituant à l'l une r primitive, Corssen y trouve stratus, étendu, ce qui donne un sens très clair.

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