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| Lys (Leie) |
|
|---|---|
![]() La Lys à Gand. |
|
| Caractéristiques | |
| Longueur | 195 km |
| Bassin | 3 910 km2 |
| Débit moyen | 28 m3⋅s-1 (Gand) |
| Régime | Pluvial océanique |
| Cours | |
| Source | près de Fruges |
| · Localisation | Lisbourg |
| · Altitude | 115 m |
| · Coordonnées | |
| Confluence | Escaut |
| · Localisation | Gand |
| · Altitude | 4,45 m |
| · Coordonnées | |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive gauche | Bourre |
| · Rive droite | Laquette, Lawe, Clarence, Deûle |
| Pays traversés | |
| Principales villes | Aire-sur-la-Lys, Armentières, Frelinghien Deûlémont, Comines-Warneton, Wervik, Menin, Courtrai, Deinze, Gand |
La Lys (Leie en néerlandais) est une rivière du nord de la France et de Belgique, affluent de rive gauche de l'Escaut qu'elle rejoint à Gand. L'essentiel de son cours est aujourd'hui canalisé. La rivière donne son nom aux durs combats qui opposèrent, du 23 au 28 mai 1940, les armées belge et allemande : la Bataille de la Lys.
Sommaire |
La Lys est mentionnée pour la première fois dans un document[1] de 694 où on signale que le lieu-dit de Sloten, autrement dit l'actuel sanctuaire de Lourdes aux environs de Gand, se trouve super fluvio Legia, c’est-à-dire « au bord de la Lys ». Le toponyme « Légia » (qui coule, débordante) est vraisemblablement d’étymologie celtique : on retrouve un mot voisin en Vieil irlandais : legaim.
Elle prend sa source à Lisbourg près de Fruges à l'altitude de 114,7 m. Dans la nuit du 11 février 1984, au bénéfice d'éboulements souterrains la Lys abandonne sa source historique pour jaillir sous une route communale en formant un geyser de quelques dizaines de centimètres de haut. Depuis cette nouvelle source a été aménagée par la communauté de communes et de l’association Lys sans frontières[2]. La première ville qu'elle traverse est Aire-sur-la-Lys. Dans le département du Pas-de-Calais, elle draine une vaste plaine d'effondrement tectonique : la Plaine de la Lys, large et remarquablement plane, qui constitue un des "pays" de la Flandre française. Elle se jette dans l'Escaut à Gand à 4,45 m d'altitude, après un parcours de 195 km, dont 85 km en France et 24,6 km en mitoyenneté de Frelinghien à Menin avec la Belgique[3].
La Lys est un cours d'eau à faible pente, qui après la dernière glaciation s'étalait sans doute sur une grande largeur (comme en témoigne l'étendue du lit majeur et de la plaine alluviale), avec de nombreux méandres irriguant de vastes zones humides.
Ces milieux ont été habités dès la préhistoire et cultivés et urbanisés dès le haut Moyen Âge.
La vallée de la Lys et encore un corridor biologique d'importance paneuropéenne, et d'importance majeure pour la trame bleue régionale pour les migrations d'oiseaux et d'organismes aquatiques notamment.
La qualité de l'eau, des berges et des sédiments s'est fortement dégradé dans les années 1970 à 1990. Selon l'Annuaire 2008 de la qualité de l'eau [4], La qualité de cette rivière est encore loin du bon état écologique visé par la Directive cadre sur l'eau pour 2015, mais montre quelques améliorations sur 2 stations (passant d'une mention « passable » à « bonne qualité » en amont d'Aire-sur-la-Lys, et en aval, à Deûlémont (frontière belge). Une bonne qualité sur la Lys-rivière et la Laquette a été constatée en 2008, alors que les pluies de 2007 s'étaient traduites par des apports excessifs de matières en suspension et polluants (phosphore notamment). Les taux d'azote et de phosphore étaient encore trop élevés en 2008, surtout sur la partie aval de la rivière[4].
La qualité de la Clarence s'est améliorée d’une classe (pour ses deux stations) grâce à une diminution des apports en phosphore. Sa qualité est désormais « bonne» à Calonne-Ricouart, mais reste « passable » à Chocques[4].
Outre les amphibiens qui ont beaucoup régressé, l'anguille européenne est en forte régression et fait l'objet d'un effort de protection, cadré par une directive européenne.
À l'arrivée de la Lys en Belgique, la superficie du bassin versant est de 2 900 km2. À l'amont de la confluence avec la Deûle, la superficie du bassin versant de la Lys est de 1 690 km2. A Gand, il est de 3 910 km2 au niveau du confluent avec l'Escaut
| Des sources à Aire-sur-la-Lys | ||
|---|---|---|
| Affluents rive gauche | Affluents rive droite | |
| D'Aire-sur-la-Lys à Wervik | ||
| Affluents rive gauche | Affluents rive droite | |
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Pour aider les aménageurs et habitants à se prémunir contre les effets des crues épisodiques, cette rivière a pour sa partie française (Lys supérieure) fait l'objet d'un atlas des zones inondables téléchargeable[5] et d'une carte interactive[6].
Le débit de la Lys a été observé sur une période de 19 ans (1961-1979), à Wervicq-Sud, localité du département du Nord située au niveau de la sortie de la rivière du territoire français[7]. La surface prise en compte est de 2 900 km2, ce qui correspond à près des trois quarts de la totalité du bassin versant de la rivière.
Le module de la rivière à Wervicq-Sud est de 22,8 m3/s.
La Lys présente des fluctuations saisonnières de débit modérées. Les hautes eaux se déroulent de la fin de l'automne au début du printemps, et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 25,0 à 35,6 m3/s, de novembre à avril inclus (avec un sommet en février). Dès fin mars, le débit diminue très progressivement ce qui mène aux basses eaux d'été-automne qui ont lieu de juillet à octobre, avec une baisse du débit mensuel moyen jusqu'au niveau de 12,8 m3 au mois d'août, ce qui reste très confortable. Mais les fluctuations de débit sont plus importantes selon les années, ou calculées sur de courtes périodes.
Débit moyen mensuel de la Lys (en m3/s) mesuré à la station hydrologique de Wervicq-Sud
Données calculées sur 19 ans

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 3,2 m3, en cas de période quinquennale sèche, ce qui correspond au profil de bien d'autres cours d'eau du nord-ouest de la France.
D'autre part, les crues de la Lys sont rarement dévastatrices, mais nullement inexistantes. La série des QIX n'a pas été calculée, mais la série des QJX l'a été. Les QJX 2 et QJX 5 valent respectivement 83 et 130 m3/s. Le QJX 10 est de 150 m3/s, le QJX 20 de 180 m3, tandis que le QJX 50 n'a pas été calculé faute de durée d'observation suffisante.
Le débit journalier maximal observé à Wervicq-Sud a été de 170 m3/s le 17 novembre 1974. Si l'on compare cette valeur à l'échelle des QJX de la rivière, l'on constate que cette crue n'était même pas d'ordre vicennal, et donc destinée à se reproduire fréquemment.
La Lys est une rivière modérément abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant se monte à 249 millimètres annuellement, ce qui est inférieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus (320 millimètres), ainsi qu'à la moyenne d'ensemble de la Belgique (plus ou moins 380 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à 7,9 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
La Lys est naturelle de la source à Aire-sur-la-Lys, ensuite elle est canalisée.
Son schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) est en cours de finalisation. Les collectivités locales concernées ont constitué un syndicat mixte dans ce but. Il s'agit du SYMSAGEL, c’est-à-dire le Syndicat Mixte pour le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux de la Lys. Il rassemble 226 communes (540 000 habitants) réparties entre le Nord et le Pas-de-Calais.
La rivière s'écoule avec une faible pente ; la ville d'Aire-sur-la-Lys dans le Pas-de-Calais se trouve à la côte 18,90 mètres.
L'extrémité physique et administrative en France située à Halluin dans le département du Nord (face à Menin en Belgique). La cote y est à 9,45 mètres.
La Lys est navigable en France sur 72 kilomètres, avec 8 écluses sur ce parcours. C'est la Lys-aval qui aujourd’hui - à partir de Deûlémont - reçoit le fret fluvial le plus important, du fait de son gabarit qui a été porté à 1 350 tonnes sur cette section.
Le gabarit varie selon les parties de la rivière :
Le poète belge flamand d'expression française, Émile Verhaeren, a chanté la Lys. Dans son recueil « Toute la Flandre » se trouve un fort beau poème intitulé « La Lys » [9].
Les bords de la Lys ont inspiré bien des peintres. À la fin du XIXe siècle, un groupe d'artistes se forma autour du sculpteur George Minne installé à Laethem-Saint-Martin depuis 1897 : Gustave van de Woestijne (1881-1947), les paysagistes Albijn van den Abeele (1835-1918) et Valérius de Saedeleer (1867-1941). Leurs recherches aboutirent, après la Première Guerre mondiale, à l'expressionnisme très marqué du deuxième groupe de Laethem-Saint-Martin dont le précurseur est Albert Servaes (1873-1967) et les principaux représentants Constant Permeke (1886-1952), Gust de Smet (1877-1943) et Frits van den Berghe (1883-1939).
L'Iris Faux-Acore ou Iris Jaune poussait en abondance sur les rives de la Lys et le Seigneur d'Armentières en fit le motif de son blason. Lors de l'annexion de son fief par le roi de France, celui-ci décida à son tour de l'ajouter à son propre blason. Ainsi naquit la « fleur de lys »... qui n'est pas un lys[10].
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